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La robotisation dans l’industrie des composites: un choix plus payant et accessible qu’on le pense

Par Yves Therrien collaboration spéciale

L’industrie des composites fait partie des parents pauvres dans le monde de l’automatisation et de la robotisation. Le travail est la plupart du temps effectué manuellement. Pourtant, les solutions sont à portée de main.

L’adoption de système automatisé ou de robot se traduirait par une amélioration de l’uniformité des produits, une augmentation de la production et surtout le développement de produits plus complexes.
C’est ce que souligne Yoann Bonnefon, président et cofondateur de IND Group et de ses filiales, dont ROBOX qui fabrique les cellules robotisées de placement de fibres Addcomp, et Yves Mathieu, chargé de projet au Centre de développement des composites du Québec (CDCQ).

Yves Mathieu
Yoann Bonnefon

Une place en Amérique

« Nous avions travaillé sur un projet de développement d’une tête de placement de fibre automatisée (ATP) que l’on installerait au bout d’un bras robot. On visait à développer un équipement simplifié sur une période de trois ans. En explorant ce qui existait sur le marché, nous avons découvert Addcomposites, une startup basée en Finlande. Ce qu’ils avaient développé correspondait en bonne partie à nos besoins. Au lieu de réinventer la roue, nous avons cherché un partenariat avec eux pour améliorer l’ensemble du processus », raconte M. Bonnefon.

L’équipe de Effman étant spécialisée en automatisation et en robotique, tous s’entendaient pour dire qu’il serait très intéressant d’amener cet équipement en Amérique du Nord et surtout de l’adapter à la réalité du marché. L’objectif était de développer des outils d’automatisation et de robotisation pour le domaine des composites.

Comme ce nouveau partenaire ne travaillait que la tête de placement de fibres, mais sans penser au système complet avec le robot, Effman a travaillé sur le volet automatisation avec les robots Fanuc et ABB pour créer une cellule de travail complète et standard, facile d’utilisation et à un prix raisonnable. De son côté, Addcomposites a réalisé une première version de cette tête.

Il existe des solutions dans l’aéronautique, mais les outils sont beaucoup plus gros et dans les prix de plusieurs millions de dollars. Les entreprises de ce secteur ne montraient aucun intérêt à simplifier leur procédé. Effman vise davantage à intégrer les cellules Addcomp dans le marché des PME, principalement chez les sous-traitants dans des domaines comme le transport ou les sports et les loisirs qui produisent des équipements tels des kitesurfs, des skis, des planches à neige et des kayaks à partir de composite.

Centre de développement des composites du Québec

Au Centre de développement des composites du Québec, le travail consiste à aider les entreprises à développer leur technologie, leurs produits et la fabrication.

« Nous sommes là pour aider l’industrie, dans leur connaissance des outils pour l’automatisation, précise Yves Mathieu. Cette machine arrivait à point pour entrer dans la partie automatisation et l’amélioration des produits fabriqués. Nous supportons les entreprises dans l’automatisation et le contrôle de procédé tout en développant leur expertise et la résolution des défis techniques à moyen terme. »

Même les défis de main-d’œuvre sont au menu.
Dans les entreprises, les besoins en main-d’œuvre sont criants.

« Les fabricants de produits en composites sont souvent en déficit de main-d’œuvre. Il faut entraîner les nouveaux travailleurs pour produire des pièces complexes. Il faut de la formation en entreprise et la rétention du personnel », ajoute M. Mathieu.

Pièces complexes

Les robots permettent de fabriquer des pièces plus complexes que celles faites manuellement. C’est un avantage d’autant plus que le robot réduit la quantité de déchets de production. En diminuant la perte de matière brute, il y a moins de rejet dans l’environnement.

« On voit déjà des résultats positifs dans le domaine de l’aéronautique », explique M. Mathieu.

Chez Effman, le travail dans les entreprises consiste à analyser le potentiel à s’automatiser et à se robotiser. Il peut y avoir des méthodes d’automatisation sans robot.

« Nous avons identifié le secteur des composites comme étant encore très manuel et qui pourrait bénéficier grandement de l’automatisation et de la robotique », affirme M. Bonnefon.

« Dans notre analyse, on peut identifier les postes de travail plus facilement automatisable et robotisable. On a créé un programme qui se nomme Cobii, soit un employé robot que l’entreprise peut louer sur une base horaire pour des tâches simples et répétitives qui permet de démystifier la robotisation dans différentes industries. Cela permet aux entreprises de goûter à la robotique et d’avancer pas à pas, avant de passer à des machines plus complexes », continue-t-il.

cobii

Il donne l’exemple de la finition des pièces de composites, comme le sablage et le polissage avec des robots collaboratifs. Avec Addcomposite, Effman a développé le placement de fibres comme solution standard. « Nous avons testé une cellule standard au CDCQ. Les experts du CDCQ croit en cette nouvelle technologie et ils se sont procuré une cellule pour exploiter davantage le potentiel pour l’industrie  », lance M. Bonnefon.

Dans le monde des composites, les entreprises sont peu automatisées et peu robotisées. Mais avec la technologie développée par Effman, il est possible de faire des pièces de plus en plus complexes avec le placement de fibre et la finition avec la robotique. Des entreprises comme BRP, au Mexique, avec les motomarines et les producteurs de bains et de douches à gros volume ont adopté la robotisation sur leurs lignes de production.

Pour Yves Mathieu, la robotisation aidera les entrepreneurs à la fabrication, diminuera le besoin de main-d’œuvre, tout en améliorant la qualité des produits parce que les procédés seront standardisés.

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