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Le virage numérique : une question de vie ou de mort!

 Entrevue avec Hugues Foltz de Vooban
Par Yves Therrien

Les entreprises qui n’ont pas entrepris le virage numérique, n’automatisent pas leurs processus, n’utilisent pas la robotisation, voire l’intelligence artificielle dans leur organisation, disparaîtront à brève échéance. Au mieux, ces entreprises seront les bonnes dernières de la classe.

Hugues Foltz, vice-président exécutif chez Vooban, une entreprise spécialisée en intelligence artificielle et en transformation numérique, n’en démord pas :

 « L’entreprise qui n’a pas robotisé ses opérations, ou qui n’a pas automatisé ses processus est techniquement dans le trouble ».

Selon lui, les entreprises dans n’importe quel domaine qui pensent que ça va mal n’ont rien vu encore. Le pire est à venir.

Citant des études récentes, il note que la pénurie de main-d’œuvre est loin de se résorber. Il y a actuellement 250 000 emplois disponibles au Québec. La situation va empirer avec les années. Le sommet de la pyramide arrivera dans sept ou huit ans avec quelque 1,4 million de postes à pourvoir. 

« Le phénomène ne touche pas seulement le Québec ou le Canada. Le monde entier vit la même chose. Les données de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) montrent que le Canada sera bon dernier parmi les 19 pays de l’OCDE en ce qui a trait à la productivité d’ici dix ans », ajoute-t-il.

Dans son rapport de février 2021, l’OCDE affirme :

« Force est toutefois de constater qu’en dépit des avantages et des possibilités qu’offrent les technologies numériques et leur généralisation incontestable depuis quelques années, de nombreuses PME tardent à se convertir au numérique, à telle enseigne que l’écart entre les petites PME (entre 10 et 49 salariés) et les grandes entreprises dans l’adoption des technologies numériques s’est creusé au cours de la décennie écoulée ».

« Il n’y a que le premier pas qui coûte. Pour bon nombre d’entreprises, une fois le premier pas vers le numérique franchi, les fortes complémentarités qui se révèlent entre technologies les incitent à aller plus loin. »

« Cela étant, les complémentarités technologiques peuvent aussi favoriser le creusement des fractures numériques, étant entendu que les grandes entreprises, plus à l’aise avec le numérique, sont davantage en mesure de passer rapidement à des pratiques numériques plus avancées. Par conséquent, le retard des PME s’accroît dès lors qu’il est question de technologies plus avancées. »

La pénurie de main-d’œuvre

Le rapport de l’OCDE publié montre que le Canada serait non seulement bon dernier, mais devancé par la Grèce et l’Italie, peu importe le type d’entreprise. Si les entreprises ne prennent pas le virage technologique, le Canada restera bon dernier pour une trentaine d’années. Il faut renverser la tendance.

Pour M. Foltz, la majorité des entreprises québécoises sont en retard. L’entrepreneur qui pense surfer sur ses acquis, sans la technologie, risque de frapper un mur.

« D’ici cinq à dix ans, les entreprises manufacturières ou autres qui n’auront pas entamé le virage seront au bord du gouffre », estime-t-il.

Chose certaine, le robot sera toujours plus rapide que l’humain. Dans la situation de pénurie de main-d’œuvre, la robotisation sera le choix le plus judicieux. Le passage au numérique pour éliminer le papier tout en se servant des avantages de l’intelligence artificielle (IA) permet une meilleure gestion des données. Plus il y a de paperasse, moins grande est la productivité.

De même, la gestion des processus automatisés et les contrôles de la qualité gérés par l’IA permettent non seulement un gain de productivité, mais aussi une diminution des pertes. 

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Des retards énormes

« Le Québec et le Canada sont extrêmement en retard, soutient-il. Le problème démographique du vieillissement de la population touche tous les pays. Ailleurs, les entreprises de nombreux pays se sont automatisées depuis des lustres. Ces pays ont pris plusieurs longueurs d’avance. »

Le Québécois moyen, tout comme les Canadiens en général, est très résistant au changement, peu informé et pas assez curieux pour voir toutes les possibilités des nouvelles technologies. Plusieurs entrepreneurs ont peur de la technologie parce qu’ils n’en comprennent pas les avantages. Ils ne savent pas par où commencer.

Pourtant avec les achats en ligne, les réseaux sociaux, les téléphones intelligents, la plupart des gens n’ont pas conscience que de nombreux algorithmes analysent leurs comportements et leurs habitudes de consommation. La crainte et la méconnaissance du monde numérique font en sorte que les personnes trouveront des raisons pour dire que ces systèmes ne sont pas fiables, continue M. Foltz.

Plusieurs entreprises ont mis en place des mesures, mais il y a encore de gros joueurs qui ne se sont pas assez automatisés ni assez robotisés. Il faut sensibiliser et éduquer ces entrepreneurs, car le constat est simple : les entrepreneurs doivent prendre le virage numérique. Sinon, ils disparaîtront et seront remplacés par des concurrents.

Sensibiliser et éduquer

« La faisabilité et la maturité des technologies existent. Le risque à prendre est faible. Les entreprises doivent se mettre en mouvement, car dans deux ans il sera trop tard. Nous avons des webinaires qui montrent comment le faire, parce que c’est facile », affirme M. Foltz.

Il cite différents projets dans des entreprises, notamment dans le domaine pharmaceutique pour optimiser le moulage de pièces de plastique. Il y a aussi SBI, constructeur de foyers sous différentes marques, qui utilise l’intelligence artificielle pour gérer ses processus. Ou encore Canam qui utilise la technologie depuis plusieurs années et qui développe d’autres projets technologiques pour demeurer en première ligne.

Selon M. Foltz, une entreprise manufacturière qui installerait un robot par mois ou par deux mois sur sa chaîne de production ferait des profits et le retour sur l’investissement permettrait l’ajout d’autres machines contrôlées par la technologie pour assurer sa pérennité.

À cet effet, Vooban est la plus importante firme au Québec en intelligence artificielle avec une vision de robotisation des entreprises manufacturières.

« Nous avons une équipe spécialisée en logiciel pour numériser l’ensemble des processus dans une entreprise », souligne M. Foltz. Nous pouvons travailler sur des projets de 200 000 $ ou de 25 millions $. L’important, c’est d’y croire et de se mettre en marche. »

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